Naissance des Cercles de Silence à Toulouse

Le 30 Octobre 2007, nous commencions très modestement un Cercle de Silence sur la Place du Capitole à Toulouse. « Combien de temps allez-vous faire cela ? » nous demandait-on ; nous répondions « autant de temps qu’il y aura un sens à continuer ».

Peu après on nous a demandé : « quels sont les résultats ? » Nous avons rappelé alors que nous étions engagés dans une action pour éveiller et réveiller des consciences sur des événements qui détruisent ce qu’il y a de plus précieux dans l’être humain : son humanité. Destruction chez les étrangers, victimes évidentes, et destruction à l’intérieur de ceux qui acceptent d’être injustes ou méprisants. Nous sommes engagés dans un changement de l’opinion publique.Nous observons certaines réactions plus positives à l’égard des sans-papiers. Toutefois nous voyons bien que l’opinion majoritaire est encore très négative comme l’ont montré le vote de la Directive Européenne et les dernières dispositions réglementaires françaises.

Nous ne cherchons pas de résultats rapides et mesurables, nous travaillons pour un changement durable d’attitudeà l’égard des étrangers. Nous espérons apporter notre petite pierre à un débat national qui a besoin de se faire. Nous invitons nos concitoyens à prendre le temps d’écouter en eux-mêmes les exigences de leur conscience par-delà les peurs. Nous l’avons écrit « ces problèmes sont mondiaux et complexes…. Nous ne prétendons pas avoir la solution. Mais aujourd’hui nous pensons que nous pouvons aller plus loin ensemble et que le chemin passe par le respect de la dignité de toute personne humaine. »

Environ 100 Cercles de Silence se réunissent en France actuellement. Ils ont des formes différentes, des dates variées, des revendications distinctes. Ils regroupent des citoyens de tous horizons et nous en sommes heureux. Il nous semble qu’ils restent tous marqués :

- par un même souci de rester collé à la réalité des Centres de Rétention Administrative (CRA) où la dignité humaine est mise en danger,

- par un même objectif : aider nos concitoyens à prendre conscience de la réalité del’enfermement,

- par une même certitude qu’il existe des solutions alternatives à l’enfermement d’étrangers en situation irrégulière.

Ces signes encourageants et de nombreux exemples de personnes posant des actes de résistance non-violente, ne nous cachent pas que la situation légale et concrète des sans-papiers a empiré au cours des douze derniers mois. Les derniers textes interdisent aux Associations se rendant à l’intérieur des Centres, à informer sur la situation humaine réelle dans les CRA : c’est un dernier pas grave par rapport aux libertés humaines et à notre dignité à tous. Nous voyons une urgence plus grande que jamais à continuer notre Cercle de Silence à Toulouse.Nous nous permettons de vous livrer ci-dessous notre témoignage et notre conviction.

Après les onze premiers mois du cercle de silence de Toulouse, nous pouvons dire ce que nous avons vu et entendu :

Le silence n’est pas seulement une stratégie pour se faire entendre, mais un chemin pour une transformation :

- le silence permet à toute personne de nous rejoindre, en dehors des mots vides ou qui séparent,

- le silence permet à des citoyens jusque-là très éloignés de tout engagement et de toute revendication sociale de faire un premier pas. Ils se questionnant sur « Que vivent ces personnes à ma porte ? Quelle est ma propre responsabilité ? Puis-je laisser faire cela ? »

- le silence sert également de préparation intérieure à des formes plus radicales d’engagement :  « Jusqu’où va notre cohérence entre notre désir de justice et les conséquences que nous nous sentons prêts à assumer dans notre quotidien ? »

Notre conviction est :

1°- La force d’un Cercle de Silence réside dans la qualité du Silence, dans sa vérité qui interroge les membres du Cercle et ceux qui passent. Si la qualité de ce Silence est difficile à maintenir, peut-être est-il possible de tenir durant 30 minutes seulement. A notre avis moins que cela nuirait à son efficacité.

2°- Ceci suppose donc qu’il y ait autour du Cercle des documents explicatifs de l’action, et deux ou trois personnes pour donner des explications complémentaires, sans gêner le silence.

3°- C’est le Silence et notre écoute ensemble de notre commune humanité qui nous unit quelles que soient nos situations politiques, économiques ou d’âge. Que nous soyons animés par une foi en Dieu quelle qu’elle soit ou que nous soyons incroyants ou athées, nous partageons la même humanité et nous voulons qu’elle soit respectée. Nous nous respectons les uns les autres.

4°- La force de la non-violence requiert de tous les membres du Cercle, d’écrire, de parler, de se comporter en respectant profondément ceux dont nous combattons les choix, les décisions ou les actes.C’est une question de cohérence pour chacun d’entre nous, et c’est ce qui agrandira le nombre de ceux qui agiront pour faire cesser l’enfermement des étrangers sans papiers et les dérives qui l’accompagnent.

5°- Des propositions concrètes faites à l’issue des Cercles de silence (pétitions, accompagnement au tribunal, etc……. ) aident les participants à concrétiser la force et la clarté trouvés dans le silence vécu en commun.

 

Pour contacter les Franciscains de Toulouse : www.franciscainstoulouse.fr            franciscainstoulouse@orange.fr

Rédigés par les frères franciscains de Toulouse en septembre 2008

 

Plus...


Là, c'est la même chose. Plus...

CERCLES DE SILENCE de LYON et sa Région


« Les cercles de silence regroupent tous les courants de pensée et sont ouverts à tous. »

 

Les Cercles de Silence regroupent des citoyens de tous horizons qui devant l’enfermement systématique des « sans-papiers » dans les Centres de Rétention Administrative (CRA) s’élèvent contre les atteintes à l’humanité des « sans-papiers » et à celle des exécutants d’ordres incompatibles avec leur propre dignité.

Devant la gravité de la situation, les membres des Cercles de Silence désirent aller au-delà des mots et des cris. Ils expriment la force de leur réprobation et de leur interrogation avec les moyens de la non-violence, et spécialement le silence. Le silence des forts et des persévérants. Par le silence, ils écoutent leur propre conscience et font appel à la conscience de leurs concitoyens.

Ces Cercles de Silence ont des aspects différents suivant les villes. Toutefois il nous semble

• Qu’ils ont tous un même souci de rester collé à la réalité des Centres de Rétention Administrative (CRA) où la dignité humaine est mise en danger,

• Qu’ils ont tous un même objectif : aider nos concitoyens à prendre conscience de la réalité de l’enfermement,

• Qu’ils sont tous habités par la même certitude qu’il existe des solutions alternatives à l’enfermement d’étrangers en situations irrégulières.

 

La dignité de chaque personne humaine ne se discute pas, elle se respecte. Notre silence le crie et continuera de le crier jusqu’aux changements indispensables.

 

UN PEU d'HISTOIRE


 

Voici quelques principes qui nous ont guidés et nous servent aujourd'hui encore de boussole pour la tenue des Cercles de Silence - CDS :    

Des cercles pour dire une indignation.

Les personnes qui se joignent au cercle ont été touchées : qui par un témoignage, qui par une photo... quelque chose au fond de nous crie : « ce n'est pas possible de continuer comme cela ! »

Cette indignation a du mal à trouver des chemins concrets d'action : une dame nous disait : « je ne sais pas quoi faire, mais ça, au moins, je peux le faire ! »

Le silence porte une gravité et une urgence. Ceci sera d'autant plus ressenti par les passants que le silence sera profond et habité.

Des cercles pour rencontrer et soutenir.

Ce cercle est une sorte de caisse de résonance. Des associations comme la CIMADE, le CCFD ou le RESF sont très actives dans ce domaine, sans compter bien sûr les services de la pastorale des Migrants des diocèses. Nous vous invitons donc à prendre contact avec les antennes locales de ces associations. Elles pourront vous informer sur les situations concrètes qui existent près de chez vous. Un cercle de silence coupé de cet ancrage local a peu de sens et aura du mal à fédérer des personnes autour de lui. L'essentiel du travail est réalisé par ces associations et c'est un travail que nous saluons. Notre action ne vient pas en concurrence de ce qu'ils font déjà, mais en soutien et dans une complémentarité réelle puisque sur Toulouse, nous ne touchons pas les mêmes personnes.

Des cercles pour informer.

A Toulouse, il y a  deux panneaux (1 m*1 m) avec quelques photos du centre de rétention de Cornebarrieu. Deux personnes distribuent des tracts aux passants. Beaucoup découvrent la réalité de l'enfermement des sans-papiers. Une dame en voyant les photos nous disait : « Ce n'est pas en France ça ? »

A Lyon, une seule bannière (1,20*1,20 env.). Plusieurs personnes distribuent des tracts.

 

Données à définir. Plus...


 

Quelques échos de l'anniversaire du cercle ce  12 juin 2013.
Vous trouverez plus de photos à la rubrique documents.